Le pigeon biset (Columba livia) est partiellement protégé en France via la directive Oiseaux et l'article L411-1 du Code de l'environnement. Sont interdits : poison, abattage sauvage, capture par particulier. Sont autorisés : exclusion physique (pics, filets, gel), capture par professionnel agréé, déplacement dans le cadre de plans communaux. Les contrevenants risquent jusqu'à 150 000 € d'amende et 3 ans de prison. C'est pourquoi la lutte se fait exclusivement par exclusion.
Détaillons les éléments qui justifient cette réponse.
Le cadre légal
Article L411-1 du Code de l'environnement : interdiction générale de destruction, de capture ou d'enlèvement, de mutilation ou de mise en vente des espèces d'oiseaux protégées et de leurs nids ou œufs.
Arrêté ministériel du 29 octobre 2009 : liste des espèces d'oiseaux protégées sur l'ensemble du territoire national. Le pigeon biset (Columba livia) y figure pour les populations sauvages.
Pigeons des villes : cas particulier. Issus d'élevages de pigeons voyageurs ou pigeons d'ornement échappés, ils sont génétiquement les mêmes que le pigeon biset sauvage. Leur statut juridique est ambigu mais la prudence prévaut — les autorités appliquent généralement les règles de l'espèce protégée.
Méthodes interdites : - Poison de tout type (anticoagulants, autres toxiques). Sanction : jusqu'à 150 000 € d'amende et 3 ans de prison. - Abattage par armes à feu (sauf cadre exceptionnel autorisé par préfecture). - Filets de capture par particulier. - Substances stupéfiantes (alpha-chloralose, etc.) — interdit pour usage non agréé. - Destruction des œufs ou nids occupés.
Méthodes autorisées : - Exclusion physique (pics, filets, fils tendus, gel répulsif) — ne tue pas, dissuade. - Effaroucheurs visuels/sonores (efficacité limitée mais légaux). - Capture par sociétés agréées (Certibiocide spécifique) puis euthanasie réglementée ou relogement. - Stérilisation par contraceptifs alimentaires (cadre municipal, rare en France). - Régulation des populations dans le cadre de plans communaux validés.
Conséquences pratiques pour la lutte
Pour les particuliers : - Aucune action létale autorisée. - Capture personnelle même "humanitaire" interdite (perturbation = délit). - Solution unique : faire poser des dispositifs d'exclusion par soi-même ou par un professionnel. - Coût : 150-1 000 € selon configuration.
Pour les copropriétés : - Plan d'action validé par AG. - Recours à entreprises spécialisées (Certibiocide + qualification spécifique). - Pas de droit unilatéral d'élimination. - Coordination avec mairie si infestation collective.
Pour les municipalités : - Programmes de stérilisation alimentaire (méthode privilégiée car humaine). - Pigeonniers contraceptifs : installations qui attirent les pigeons et limitent leur reproduction (utilisés à Paris depuis 2008). - Sensibilisation publique : interdiction de nourrir les pigeons (arrêtés municipaux).
Pour les professionnels : - Activité réglementée : pas n'importe qui peut faire de la "capture de pigeons". - Certifications spécifiques : Certibiocide + formation oiseaux. - Procédures encadrées : capture par cages-pièges, transport, euthanasie ou relogement (rare en pratique).
Sanctions : article L415-3 du Code de l'environnement. Jusqu'à 150 000 € et 3 ans de prison pour les infractions les plus graves (destruction massive, trafic). Pour particulier en faute simple (un piège artisanal qui tue) : amende administrative + retrait du dispositif.
En pratique : 90 % des solutions pigeons consistent en exclusion (pics, filets) + désinfection des accumulations de fientes. La régulation des populations est l'affaire des municipalités, pas des particuliers ni des professionnels classiques.
Questions fréquentes
Puis-je tuer un pigeon qui niche sur mon balcon ?
Non, c'est illégal et passible d'amende. La solution : laisser nicher si nid déjà occupé (l'enlever serait une infraction), puis poser pics/filets après le départ des oisillons (4-6 semaines après éclosion). Ou alors interventions humaine pour déplacement par pro agréé.
Et la nourriture donnée aux pigeons en parc ?
Souvent interdite par arrêté municipal en zone urbaine (Paris notamment). Sanction : amende de 38 à 450 € selon les villes. L'interdiction vise à limiter la prolifération et à prévenir les nuisances (fientes, attirance des rats).
Les pigeonniers contraceptifs fonctionnent vraiment ?
Oui, partiellement. À Paris, plusieurs pigeonniers contraceptifs distribuent une nourriture stérilisante adaptée aux pigeons. Effet documenté : réduction de la reproduction de 60-80% dans les zones équipées. Pas de solution magique mais outil utile dans un plan global.
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